Gonadorelin

Hormone de libération des gonadotrophines (GnRH de synthèse)

Statut

Autorisé

Autorisée en France sous le nom de Lutrelef (depuis 1985) pour l’induction de l’ovulation par administration pulsatile, tandis que ses produits américains à usage humain, Factrel (autorisé en 1982) et Lutrepulse (1989), sont tous deux arrêtés ; elle est interdite aux sportifs masculins.

Niveau de preuve

Modéré

La GnRH pulsatile a des décennies d’usage clinique, avec des taux d’ovulation élevés dans l’aménorrhée hypothalamique, mais les preuves proviennent surtout de séries cliniques plutôt que de grands essais randomisés.

Dans le sport

WADAInterdit (WADA)

Traduit de l’original anglais, qui reste la version de référence. Lire en anglais

La gonadoréline est une copie synthétique de l’hormone de libération des gonadotrophines (GnRH), le signal cérébral qui déclenche la cascade des hormones de la reproduction. Administrée par impulsions au moyen d’une petite pompe, elle peut rétablir l’ovulation chez les femmes dont le cerveau ne libère pas assez de GnRH.

Structure

10 acides aminés

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Séquence en texte
pGlu-H-W-S-Y-G-L-R-P-G-NH2

À quoi il sert

  • Induction de l’ovulation chez les femmes infertiles en raison d’un déficit hypothalamique en GnRH, par pompe pulsatile (autorisé)
  • Test diagnostique de la fonction gonadotrope de l’hypophyse, l’indication du produit américain arrêté Factrel (autorisé)
  • Induction de la production de spermatozoïdes chez l’homme présentant un déficit en GnRH (étudié)

Mode d’action

La gonadoréline est identique à la GnRH naturelle. Elle se lie aux récepteurs de la GnRH des cellules gonadotropes de l’hypophyse et libère la LH et la FSH, qui pilotent l’ovulation, la production de spermatozoïdes et celle des hormones sexuelles. Le mode d’administration est déterminant : des impulsions environ toutes les 60 à 90 minutes rétablissent une sécrétion hypophysaire normale, alors qu’une exposition continue désensibilise les récepteurs et met le système à l’arrêt, principe sur lequel reposent les agonistes de la GnRH à action prolongée comme la leuproréline.

Solidité des preuves

ModéréAu moins un bon essai randomisé, ou des essais plus petits et concordants chez l’humain.

Des expériences classiques chez le primate ont montré que des impulsions horaires de GnRH rétablissaient la sécrétion de gonadotrophines après une lésion hypothalamique, alors qu’une perfusion continue ne parvenait pas à la maintenir et provoquait une désensibilisation (Belchetz 1978, Science). Une revue clinique de Martin et ses collègues (1990) a conclu qu’un remplacement physiologique pulsatile de la GnRH donne des taux élevés d’ovulation et de conception chez les femmes atteintes d’aménorrhée hypothalamique et de déficit complet en GnRH, avec des taux plus faibles dans le syndrome des ovaires polykystiques. La notice française de Lutrelef indique que l’hyperstimulation ovarienne est peu fréquente avec la GnRH pulsatile par rapport aux autres méthodes d’induction de l’ovulation.

Risques et effets indésirables

  • Douleur, inflammation, infection ou thrombophlébite superficielle au point d’injection, au niveau de l’aiguille de la pompe
  • Maux de tête, nausées, douleurs abdominales et règles abondantes
  • Follicules multiples, grossesse multiple et, peu fréquemment, syndrome d’hyperstimulation ovarienne
  • Réactions allergiques, parfois graves
  • Apoplexie hypophysaire (saignement) signalée chez des personnes porteuses de tumeurs de l’hypophyse ayant reçu des doses diagnostiques
  • Interdite en permanence aux sportifs masculins (WADA S2)

Posologie officielle

Notice (Lutrelef, France) : 10 à 20 microgrammes par impulsion, administrés sous la peau toutes les 90 minutes au moyen d’une pompe portable.

Résumé à partir des informations officielles de prescription. Ce n’est pas une recommandation : la posologie se décide avec un prescripteur.

Statut réglementaire

RégionAnnéeAutorisé pour
USFDA1982Évaluation de la capacité de libération des gonadotrophines par l’antéhypophyse (produit arrêté)
EUANSM (France, national authorisation)1985Induction de l’ovulation en cas d’infertilité due à une anovulation d’origine hypothalamique

Statut par pays

JuridictionStatutSource
USÉtats-UnisRetiréSource 2
EUUnion européenneAutorisé dans certains États membresSource 1
UKRoyaume-UniMédicament autoriséSource 10
AUAustralieAucun médicament autoriséSource 11
CACanadaMédicament autoriséSource 12
Si un médicament contenant ce peptide est autorisé, vérifié dans les registres de chaque autorité le 1 oct. 2026.

Statut de chaque peptide par pays

Essais sur Gonadorelin à suivre

  1. Phase 2, Phase 3Recrutement en cours

    Pulsatile GnRH in Down syndrome(ouvre la source dans un nouvel onglet)

    GnRH Therapy on Cognition in Down Syndrome

    Achèvement principal prévu : décembre 202856 participantsPromoteur: Nelly PitteloudNCT04390646

Tous les essais à suivre

Chronologie

  1. 2028

    1. Pulsatile GnRH in Down syndrome
  2. 1985

    1. Autorisé, EU (ANSM (France, national authorisation))Induction de l’ovulation en cas d’infertilité due à une anovulation d’origine hypothalamique
  3. 1982

    1. Autorisé, US (FDA)Évaluation de la capacité de libération des gonadotrophines par l’antéhypophyse (produit arrêté)

Sources

  1. 01LUTRELEF 3,2 mg: summary of product characteristics and patient leaflet(ouvre la source dans un nouvel onglet) Base de Donnees Publique des Medicaments (ANSM, France), 2019
  2. 02FACTREL (gonadorelin hydrochloride) NDA 018123: product history(ouvre la source dans un nouvel onglet) Drugs@FDA, U.S. Food and Drug Administration, 2026
  3. 03LUTREPULSE (gonadorelin acetate) NDA 019687: product history(ouvre la source dans un nouvel onglet) Drugs@FDA, U.S. Food and Drug Administration, 2026
  4. 04Gonadorelin (CID 638793)(ouvre la source dans un nouvel onglet) PubChem, NCBI, 2026
  5. 05Progonadoliberin-1 (human GnRH precursor) (P01148)(ouvre la source dans un nouvel onglet) UniProt, 2026
  6. 06Hypophysial responses to continuous and intermittent delivery of hypothalamic gonadotropin-releasing hormone(ouvre la source dans un nouvel onglet) Science, 1978
  7. 07Clinical review 15: Management of ovulatory disorders with pulsatile gonadotropin-releasing hormone(ouvre la source dans un nouvel onglet) J Clin Endocrinol Metab, 1990
  8. 08Our products: LUTREPULSE / LUTRELEF (gonadorelin acetate)(ouvre la source dans un nouvel onglet) Ferring Pharmaceuticals, 2026
  9. 09World Anti-Doping Code International Standard: Prohibited List 2026(ouvre la source dans un nouvel onglet) World Anti-Doping Agency, 2025
  10. 10Gonadorelin 100 micrograms powder for solution for injection: Summary of Product Characteristics(ouvre la source dans un nouvel onglet) electronic medicines compendium (emc), 2022
  11. 11Australian Register of Therapeutic Goods (ARTG)(ouvre la source dans un nouvel onglet) Therapeutic Goods Administration
  12. 12Drug Product Database: Lutrepulse (DIN 02046202)(ouvre la source dans un nouvel onglet) Health Canada, 2026
  1. En essais cliniquesKisspeptinAgoniste du récepteur KISS1 (GPR54), neuropeptide naturel54 Interdit par la WADA
  2. AutoriséLeuprolideAgoniste du récepteur de la GnRH9 Interdit par la WADA
  3. AutoriséOxytocinAgoniste du récepteur de l’ocytocine (hormone de la posthypophyse)9

Information éducative, pas un avis médical. Parlez à un professionnel de santé qualifié avant de commencer, d’arrêter ou de modifier un médicament.