Glossaire

Définitions en langage clair des mots employés dans la recherche, la réglementation et la médecine des peptides. Chaque entrée indique ses sources.

Acide aminé

Un acide aminé est l’élément de base des protéines : 20 acides aminés différents s’assemblent en longues chaînes pour former les protéines de l’organisme.

L’ordre des acides aminés dans une chaîne, appelé séquence, détermine la forme en 3 dimensions d’une protéine et sa fonction précise. L’organisme peut fabriquer lui-même certains acides aminés, mais d’autres, les acides aminés essentiels, doivent provenir de l’alimentation. Les médicaments peptidiques peuvent être de proches variantes de séquences naturelles : le sémaglutide, qui possède un squelette peptidique, présente 94 % d’homologie de séquence (similarité) avec l’hormone humaine GLP-1.

Agoniste de récepteur

Un agoniste de récepteur est une substance qui se lie à un récepteur spécifique et déclenche une réponse, en imitant l’action d’une molécule que l’organisme produit lui-même.

Les récepteurs de surface cellulaire sont des protéines qui fixent des molécules de signalisation venues de l’extérieur d’une cellule et les transforment, à l’intérieur, en signaux qui modifient le comportement de la cellule. Le tirzépatide, par exemple, est un agoniste des récepteurs du GIP et du GLP-1 : il se lie aux deux récepteurs, cibles du GIP et du GLP-1 produits par l’organisme, et les active. L’effet d’un agoniste peut être contré par un antagoniste.

Amyline

L’amyline est une hormone libérée par les cellules bêta du pancréas en même temps que l’insuline lors de la prise alimentaire ; elle ralentit la vidange de l’estomac et aide à freiner l’appétit.

Elle abaisse aussi le glucagon après les repas, ce qui réduit la libération de glucose par le foie. Les personnes atteintes de diabète de type 1 ou de type 2 libèrent moins d’insuline et moins d’amyline en réponse à l’alimentation. Le pramlintide (Symlin), un analogue synthétique (copie modifiée) de l’amyline humaine dans lequel trois acides aminés sont remplacés par de la proline, a été autorisé aux États-Unis en 2005 pour les personnes diabétiques qui utilisent de l’insuline au moment des repas. Le cagrilintide, un analogue de l’amyline à action prolongée, est en cours d’étude pour le contrôle du poids.

Autorisation accélérée

L’autorisation accélérée est une procédure de la FDA américaine qui permet d’autoriser plus tôt un médicament destiné à une maladie grave pour laquelle il existe un besoin non satisfait, sur la base d’une mesure considérée comme prédictive d’un bénéfice réel.

Cette mesure, appelée critère de substitution, peut être un test de laboratoire ou un examen d’imagerie plutôt qu’une mesure directe de la survie des patients, de leur ressenti ou de leur fonctionnement. L’entreprise doit tout de même mener des études pour confirmer le bénéfice, et l’autorisation peut être retirée ou la notice modifiée si elles n’y parviennent pas. La FDA a accordé en 2021 une autorisation accélérée au vosoritide (Voxzogo) pour les enfants atteints d’achondroplasie, la forme de nanisme la plus fréquente, sur la base de leur vitesse de croissance annuelle, à condition de mener ensuite une étude sur la taille adulte définitive.

Autorisation de mise sur le marché

Une autorisation de mise sur le marché est la licence officielle dont un médicament a besoin avant de pouvoir être commercialisé, vendu ou fourni ; c’est le terme employé dans l’UE et au Royaume-Uni.

Dans l’UE, la plupart des nouveaux médicaments innovants font l’objet d’une demande unique auprès de l’Agence européenne des médicaments, qui émet une recommandation, puis la Commission européenne prend une décision juridiquement contraignante, valable dans toute l’UE ainsi qu’en Islande, au Liechtenstein et en Norvège. Les autres médicaments sont autorisés pays par pays selon des procédures nationales. Le droit britannique prévoit qu’un médicament ne peut être vendu ou fourni que dans le cadre d’une autorisation de mise sur le marché ou de l’un des quelques autres enregistrements ou autorisations qu’il énumère. Wegovy (sémaglutide) a obtenu une autorisation de mise sur le marché valable dans toute l’UE le 6 janvier 2022, après que l’agence eut estimé que ses bénéfices l’emportaient sur ses risques.

Avertissement encadré

Un avertissement encadré est une mise en garde sur un risque grave, par exemple un risque pouvant entraîner la mort ou des lésions graves, que la FDA peut exiger de faire figurer dans un encadré sur la notice d’un médicament sur ordonnance.

L’encadré comporte un titre en majuscules qui inclut le mot WARNING, explique brièvement le risque et renvoie aux rubriques de sécurité plus complètes de la notice. Il repose normalement sur des données chez l’humain, mais des effets graves observés chez l’animal peuvent suffire en l’absence de données humaines. Wegovy (sémaglutide) porte un avertissement encadré sur un risque de tumeurs de la thyroïde (tumeurs des cellules C), car le sémaglutide en provoque chez les rongeurs et on ignore s’il en provoque chez l’humain.

Biodisponibilité

La biodisponibilité est la mesure dans laquelle le principe actif d’un médicament devient disponible à son site d’action, ou dans un liquide biologique censé en être le reflet.

Les peptides pris par voie orale ont généralement une faible biodisponibilité, car ils sont dégradés par des enzymes et traversent mal la paroi de l’intestin. Le sémaglutide illustre cet écart : sa biodisponibilité absolue est de 89 % lorsqu’il est injecté sous la peau, mais seulement d’environ 1 % à 2 % sous forme de comprimé. Les comprimés contiennent un ingrédient ajouté, le SNAC, qui aide le sémaglutide à être absorbé, principalement dans l’estomac.

Biosimilaire

Un biosimilaire est un médicament biologique très similaire à un médicament biologique déjà autorisé (le médicament de référence), sans différence cliniquement significative.

Les médicaments biologiques proviennent de sources vivantes comme des cellules : ils ne peuvent donc pas être copiés à l’identique, et un biosimilaire n’est pas considéré comme un générique. Aux États-Unis, l’insuline est réglementée comme un produit biologique, ce qui permet aux entreprises de fabriquer des versions biosimilaires des insulines de marque. Des copies de certains médicaments GLP-1 ont en revanche été autorisées comme génériques : en décembre 2024, la FDA a autorisé le premier générique ayant pour référence Victoza (liraglutide).

Critère de jugement principal

Le critère de jugement principal est le résultat principal qu’un essai est conçu pour mesurer, choisi à l’avance comme le test le plus pertinent et le plus convaincant de sa question centrale.

Il ne devrait en général y en avoir qu’un seul, et sa définition exacte devrait être fixée dans le protocole, le plan écrit de l’étude, afin qu’il ne soit pas redéfini après coup. Les autres critères sont des critères de jugement secondaires, qui étayent le résultat principal ou répondent à d’autres questions. Dans l’essai de phase 2 du rétatrutide, le critère de jugement principal était la variation du poids corporel à 24 semaines, tandis que la variation à 48 semaines, à la fin du traitement, était un critère secondaire.

Demi-vie

La demi-vie est le temps nécessaire pour qu’une substance, comme un médicament, perde la moitié de son activité.

Une longue demi-vie signifie qu’un médicament persiste : le sémaglutide a une demi-vie d’élimination d’environ 1 semaine et reste dans la circulation environ 5 semaines après la dernière dose. Cela s’explique principalement par la liaison du sémaglutide à l’albumine, une protéine du sang, qui ralentit son élimination par les reins et le protège de la dégradation. Le GLP-1 produit par l’organisme, en revanche, est dégradé extrêmement rapidement par l’enzyme dipeptidyl peptidase IV.

Dénomination commune internationale (DCI)

Une dénomination commune internationale (DCI) est le nom générique du principe actif d’un médicament, choisi par l’intermédiaire de l’OMS pour être unique, reconnu dans le monde entier et appartenir au domaine public.

Les DCI partagent des terminaisons, appelées segments-clés, qui indiquent le groupe de médicaments : -tide désigne les peptides, et -glutide les analogues du GLP-1 comme le liraglutide et le sémaglutide. Le segment-clé -dutide désigne les doubles agonistes des récepteurs du GLP-1 et du glucagon, comme le mazdutide et le survodutide. Pour éviter des confusions susceptibles de mettre les patients en danger, les noms de marque (marques déposées) ne devraient ni être dérivés des DCI ni contenir leurs segments-clés communs.

Double aveugle

Un essai en double aveugle est un essai dans lequel ni les participants ni les chercheurs qui les traitent et les évaluent ne savent qui reçoit quel traitement.

La mise en aveugle limite les biais conscients et inconscients que la connaissance du traitement peut introduire, par exemple dans la prise en charge des participants, leur attitude envers le traitement et l’évaluation des résultats. Le double aveugle nécessite des traitements impossibles à distinguer, par exemple par leur aspect ou leur goût. Les recommandations internationales sur les essais le qualifient d’approche optimale, les plans en simple aveugle ou en ouvert étant utilisés lorsqu’il n’est pas réalisable. SELECT, qui a comparé le sémaglutide à un placebo chez 17 604 personnes atteintes de maladie cardiovasculaire et en surpoids ou obèses, était en double aveugle.

Essai contrôlé randomisé

Un essai contrôlé randomisé est une étude dans laquelle le hasard décide quels participants reçoivent le traitement testé et lesquels reçoivent un comparateur, comme un placebo ou un autre médicament.

La randomisation tend à rendre les groupes comparables pour les facteurs qui influent sur le résultat, connus ou inconnus, et, avec la mise en aveugle, elle aide à éviter les biais dans l’attribution des traitements. Les études sans randomisation sont plus exposées aux biais : l’approche GRADE utilisée par Cochrane fait donc partir les preuves issues d’essais randomisés d’un niveau de certitude élevé et celles issues d’études non randomisées d’un niveau faible. Dans l’essai STEP 1, 1 961 adultes en surpoids ou obèses mais sans diabète ont été répartis au hasard entre le sémaglutide et un placebo, chacun associé à un programme d’hygiène de vie, pendant 68 semaines.

Essai de non-infériorité

Un essai de non-infériorité vise à montrer qu’un nouveau traitement n’est pas sensiblement moins bon qu’un traitement efficace existant, plutôt qu’à montrer qu’il est meilleur.

Avant l’essai, les chercheurs fixent une marge, le plus grand écart défavorable qu’ils accepteront, et l’essai doit exclure statistiquement une différence aussi importante. Ces essais sont généralement choisis parce qu’un plan visant à montrer une supériorité, comme une comparaison avec un placebo, ne peut pas être utilisé, et ils dépendent du fait que le médicament de comparaison ait agi comme prévu dans l’essai. Dans SURPASS-CVOT, le tirzépatide a été comparé au dulaglutide, un médicament dont on avait déjà montré qu’il réduisait les événements cardiovasculaires, et s’est montré non inférieur pour les crises cardiaques, les AVC ou les décès cardiovasculaires.

Essai en ouvert

Un essai en ouvert est un essai dans lequel les participants comme les chercheurs savent quel traitement reçoit chaque personne.

Les essais sont menés en ouvert lorsque la mise en aveugle est irréalisable ou contraire à l’éthique, par exemple lorsque les traitements sont complètement différents, comme une chirurgie et un médicament, ou se présentent sous des formes différentes. Comme tout le monde connaît le traitement, les résultats sont davantage exposés aux biais conscients et inconscients que la mise en aveugle vise à limiter, par exemple dans l’évaluation des résultats. SURMOUNT-5, un essai de phase 3b qui a réparti au hasard 751 adultes obèses entre le tirzépatide et le sémaglutide, était en ouvert.

Estimand

Un estimand est une description précise de l’effet du traitement qu’un essai cherche à mesurer, y compris la manière dont sont pris en compte des événements comme l’arrêt du traitement.

Des événements survenant après le début du traitement, comme l’arrêt du médicament, l’ajout d’un autre traitement ou le passage à un autre traitement, ou le décès, peuvent modifier la signification d’un résultat ; l’estimand précise donc comment chacun est pris en compte. La ligne directrice ICH E9(R1), adoptée en 2019, indique que l’analyse statistique doit être alignée sur l’estimand. Dans l’essai STEP 1 du sémaglutide, l’estimand principal évaluait l’effet indépendamment du fait que les personnes aient arrêté le traitement ou reçu un traitement supplémentaire (de secours). L’essai de phase 3 TRIUMPH-1 du rétatrutide a rapporté des résultats sur les douleurs au genou selon deux estimands différents, et les chiffres différaient.

Étude observationnelle

Une étude observationnelle porte sur des personnes qui reçoivent un traitement dans le cadre de leurs soins médicaux courants, sans que les chercheurs décident qui le reçoit.

Parmi les plans courants figurent les études de cohorte, qui regroupent les personnes selon les médicaments qu’elles ont pris, et les études cas-témoins, qui les regroupent selon qu’elles ont présenté ou non une issue particulière. Sans randomisation, les résultats sont plus exposés aux biais : ces preuves partent donc d’un niveau de certitude plus bas que celles des essais randomisés, mais elles peuvent fournir des données sur des effets nocifs rares que les essais ne rapportent pas forcément. Une étude de 2024 portant sur des patients suivis par des ophtalmologistes dans un centre universitaire a trouvé une association entre le sémaglutide et une atteinte du nerf optique appelée NOIAN, mais ses auteurs ont indiqué qu’en tant qu’étude observationnelle, elle ne pouvait pas établir de lien de causalité.

Étude préclinique

Une étude préclinique teste un médicament potentiel en laboratoire ou chez l’animal, avant qu’il soit administré à l’humain, pour répondre à des questions de base sur sa sécurité.

Ce type de recherche ne remplace pas les études sur l’action d’un médicament dans l’organisme humain. Aux États-Unis, un développeur doit fournir à la FDA des données animales, notamment des preuves d’effets nocifs graves (toxicité), avant que les essais chez l’humain puissent commencer. Une revue systématique de 2025 sur le BPC-157 a recensé 35 études précliniques mais une seule étude clinique, et si les études précliniques de sécurité n’ont montré aucun effet indésirable, il n’existait aucune donnée clinique de sécurité chez l’humain.

Événement indésirable

Un événement indésirable est toute manifestation médicale non souhaitée chez une personne qui prend un médicament, que le médicament en soit la cause ou non.

Lorsqu’il existe une possibilité raisonnable que le médicament en soit la cause, on parle d’effet indésirable suspecté, et un effet indésirable est un événement que le médicament a effectivement causé. Il est considéré comme grave si, par exemple, il entraîne le décès, met la vie en danger ou conduit à une hospitalisation. Dans l’essai SELECT, les événements indésirables ont conduit 16,6 % des personnes sous sémaglutide et 8,2 % de celles sous placebo à arrêter définitivement le traitement.

GIP (polypeptide insulinotrope dépendant du glucose)

Le GIP (polypeptide insulinotrope dépendant du glucose) est une hormone produite dans l’intestin qui stimule fortement la libération d’insuline.

C’est l’une des incrétines, des peptides intestinaux qui déclenchent la libération d’insuline par le pancréas après la prise alimentaire. Son ancien nom est polypeptide inhibiteur gastrique, mais il n’est qu’un inhibiteur relativement faible de l’acide gastrique. Le tirzépatide (Mounjaro), un médicament du diabète, est fondé sur la séquence du GIP et active à la fois les récepteurs du GIP et du GLP-1.

GLP-1 (peptide-1 apparenté au glucagon)

Le GLP-1 (peptide-1 apparenté au glucagon) est une hormone libérée après les repas par les cellules L de l’intestin, qui augmente la libération d’insuline, freine le glucagon et ralentit la vidange de l’estomac.

Son effet sur l’insuline dépend de la glycémie, et il réduit aussi la prise alimentaire et semble agir comme un régulateur naturel de l’appétit. Le GLP-1 produit par l’organisme est dégradé extrêmement vite par une enzyme appelée dipeptidyl peptidase IV (DPP-4), avant même d’avoir quitté l’intestin. Le sémaglutide, un agoniste du récepteur du GLP-1 utilisé dans le diabète de type 2, est une copie modifiée du GLP-1 qui résiste à la DPP-4 et dont la demi-vie est d’environ une semaine.

Glucagon

Le glucagon est une hormone produite par les cellules alpha du pancréas qui élève la glycémie en amenant le foie à dégrader son glycogène (sucre stocké) et à libérer du glucose.

C’est une chaîne de 29 acides aminés issue du proglucagon, le même précurseur que celui des peptides apparentés au glucagon produits dans l’intestin. Le glucagon de synthèse identique à l’hormone humaine est un médicament autorisé contre les baisses sévères de la glycémie (hypoglycémie) chez les personnes diabétiques. Certains médicaments expérimentaux contre l’obésité agissent aussi sur son récepteur : le rétatrutide est un agoniste des récepteurs du GIP, du GLP-1 et du glucagon.

Injection sous-cutanée

Une injection sous-cutanée administre un médicament liquide sous la peau à l’aide d’une aiguille creuse.

L’injection évite le passage par l’intestin, où les peptides pris par voie orale sont dégradés par des enzymes et mal absorbés, ce qui leur donne une faible biodisponibilité. Le tirzépatide (Mounjaro), par exemple, est fourni sous forme injectable pour un usage sous-cutané. Sa notice indique une biodisponibilité absolue moyenne de 80 % après injection sous-cutanée.

Intervalle de confiance

Un intervalle de confiance est la plage de valeurs, autour du résultat d’une étude, dans laquelle se situe probablement l’effet réel ; il montre la précision du résultat.

Un intervalle étroit signifie que l’effet est connu avec précision, tandis qu’un intervalle très large signifie qu’on en sait peu de chose. Dans SELECT, le rapport de risque de crise cardiaque, d’AVC ou de décès cardiovasculaire avec le sémaglutide par rapport au placebo était de 0,80, avec un intervalle de confiance à 95 % de 0,72 à 0,90. Dans SURPASS-CVOT, le rapport de risque du tirzépatide par rapport au dulaglutide était de 0,92, mais l’intervalle allait de 0,83 à 1,01 : il a donc été démontré que le tirzépatide n’était pas moins bon que le dulaglutide, mais pas qu’il était meilleur.

Liste des interdictions de la WADA

La Liste des interdictions de la WADA est la liste, établie par l’Agence mondiale antidopage, des substances et méthodes interdites dans le sport ; c’est une norme obligatoire mise à jour chaque année.

Une substance peut y être inscrite si elle remplit deux des trois critères suivants : elle améliore ou peut améliorer la performance, elle présente un risque pour la santé des sportifs, ou elle est contraire à l’esprit sportif. La classe S0 interdit en permanence tout médicament qui ne fait l’objet d’aucune approbation gouvernementale en vigueur pour un usage thérapeutique chez l’humain, et cite le BPC-157 en exemple. La classe S2 couvre les hormones peptidiques et les facteurs de croissance, avec comme exemples le CJC-1295, l’ipamorelin, l’AOD-9604 et le TB-500. Les exemples ne sont pas exhaustifs, et chaque liste est publiée trois mois avant son entrée en vigueur le 1er janvier.

Médicament sur ordonnance

Un médicament sur ordonnance est un médicament qui ne peut pas être vendu légalement sans ordonnance d’un médecin ou d’un autre professionnel de santé habilité.

Au Royaume-Uni, c’est l’une des trois catégories légales, avec les médicaments vendus en pharmacie et les médicaments en vente générale, et il doit être délivré par une pharmacie ou un autre établissement spécifiquement agréé. Les recommandations britanniques attribuent ce statut lorsque, par exemple, un médicament pourrait mettre la santé en danger s’il était utilisé sans surveillance médicale, ou est normalement prescrit pour un usage parentéral (administré par une voie qui contourne l’intestin, comme l’injection). Au Canada, Santé Canada indique que les peptides sont généralement réglementés comme des médicaments sur ordonnance.

Méta-analyse

Une méta-analyse est la combinaison statistique des résultats de deux études distinctes ou plus afin de produire une estimation globale.

Combiner des études peut rendre une estimation plus précise et permettre de répondre à des questions auxquelles des études isolées ne peuvent pas répondre. Cela peut aussi gravement induire en erreur si les plans des études, les biais au sein de chaque étude, les différences entre elles et la publication sélective des résultats ne sont pas soigneusement pris en compte. Une méta-analyse de 2021 portant sur huit essais contrôlés par placebo d’agonistes des récepteurs du GLP-1 chez des personnes atteintes de diabète de type 2 a montré que, dans l’ensemble, ils réduisaient de 14 % les événements cardiovasculaires indésirables majeurs.

Peptide

Un peptide est une courte chaîne d’acides aminés reliés par des liaisons chimiques appelées liaisons peptidiques ; les chaînes plus longues sont appelées polypeptides, et les protéines en sont constituées.

Il n’existe pas de limite précise et consensuelle entre un peptide et une protéine, même si un glossaire du gouvernement américain décrit les peptides comme comptant généralement de 2 à 50 acides aminés. Pour la réglementation américaine des médicaments, la FDA considère toute chaîne de plus de 40 acides aminés comme une protéine, et les protéines sont réglementées comme des produits biologiques. Selon cette règle, l’insuline, avec 51 acides aminés répartis sur ses deux chaînes, est une protéine, tandis que les peptides sont généralement des chaînes plus courtes et plus simples.

Pharmacocinétique

La pharmacocinétique décrit le parcours d’un médicament dans l’organisme au fil du temps : comment il est absorbé, distribué, dégradé (métabolisé) et éliminé.

Ces étapes sont souvent résumées par le sigle ADME, pour absorption, distribution, métabolisme et élimination. Les notices des médicaments les décrivent : pour le sémaglutide injectable, les concentrations sanguines atteignent leur maximum 1 à 3 jours après une dose, plus de 99 % du médicament est lié à l’albumine, une protéine du sang, et il est éliminé principalement par dégradation de son squelette peptidique. Sa demi-vie d’élimination est d’environ 1 semaine.

Phases des essais cliniques

Les phases des essais cliniques sont les étapes habituelles de l’évaluation d’un nouveau médicament chez l’humain, des petites études précoces de sécurité (phase 1) aux grands essais qui vérifient son efficacité (phase 3).

La phase 1 évalue généralement la sécurité dans un petit groupe de volontaires sains ou de patients, la phase 2 inclut jusqu’à plusieurs centaines de personnes atteintes de la maladie, et la phase 3 en inclut généralement de 300 à 3 000. Comme les essais de phase 3 sont plus grands et plus longs, ils sont plus susceptibles de révéler des effets indésirables rares ou à long terme, et les études de phase 4 se poursuivent après l’autorisation. Le rétatrutide, par exemple, a été testé dans un essai de phase 2 chez 338 adultes, puis dans des essais de phase 3 comme TRIUMPH-1, dans lequel 2 339 personnes ont été randomisées.

Placebo

Un placebo est un traitement inactif conçu pour ressembler le plus possible au vrai traitement, utilisé comme élément de comparaison dans les essais cliniques.

La comparaison avec un placebo permet de distinguer l’effet propre du médicament de tout ce qui peut changer pendant un essai, comme l’évolution naturelle de la maladie, les attentes des patients et des médecins, et l’effet du simple fait de participer à un essai. Les essais contrôlés par placebo sont presque toujours en double aveugle. Dans l’essai de perte de poids STEP 1, les personnes ayant reçu un placebo associé à un programme d’hygiène de vie ont perdu en moyenne 2,4 % de leur poids corporel en 68 semaines, contre 14,9 % pour celles ayant reçu du sémaglutide.

Préparation magistrale

La préparation magistrale consiste, pour un pharmacien ou un médecin habilité, à combiner, mélanger ou modifier les ingrédients d’un médicament afin de créer un médicament adapté aux besoins d’un patient donné.

Elle peut servir aux patients qui ne peuvent pas utiliser un produit autorisé, comme une personne allergique à un colorant ou un enfant qui ne peut pas avaler un comprimé. Les préparations magistrales ne sont pas autorisées par la FDA : la FDA ne vérifie donc pas leur sécurité, leur efficacité ni leur qualité avant leur vente. La FDA a reçu des déclarations d’événements indésirables liés au sémaglutide et au tirzépatide en préparation magistrale, et indique que le rétatrutide et le cagrilintide ne peuvent pas être utilisés en préparation magistrale en vertu du droit fédéral.

Rapport de risque

Un rapport de risque compare la probabilité qu’un événement survienne à un instant donné chez les personnes recevant un traitement par rapport à un autre, une valeur de 1 signifiant l’absence de différence.

Une valeur inférieure à 1 signifie que l’événement était moins probable dans le groupe traité, et une valeur supérieure à 1 qu’il était plus probable. C’est la manière privilégiée de résumer les résultats lorsqu’un essai mesure le temps écoulé jusqu’à la survenue d’un événement, comme le décès. Dans l’essai SELECT, une crise cardiaque non mortelle, un AVC non mortel ou un décès d’origine cardiovasculaire est survenu chez 6,5 % des personnes sous sémaglutide et 8,0 % sous placebo, soit un rapport de risque de 0,80. Il s’agit d’une mesure relative : la différence absolue qu’il représente dépend donc de la fréquence de l’événement au départ.

Research use only

« Research use only » est une mention figurant sur des produits, notamment des peptides vendus en ligne, qui indique qu’ils sont destinés à la recherche et non à la consommation humaine.

Les autorités indiquent que cette mention ne rend pas la vente de ces produits légale : Santé Canada précise qu’elle ne les exempte pas des exigences réglementaires. La FDA a adressé des avertissements à des entreprises qui vendaient directement aux consommateurs, avec des instructions de dosage, des médicaments non autorisés contenant du sémaglutide, du tirzépatide, du rétatrutide, du survodutide ou du mazdutide, faussement étiquetés comme destinés à la recherche. Santé Canada cite le BPC-157, le TB-500 et le rétatrutide parmi les produits peptidiques saisis et indique que ces médicaments non autorisés n’ont pas été évalués pour leur sécurité, leur efficacité et leur qualité.

Revue systématique

Une revue systématique rassemble toutes les études qui répondent à des critères définis à l’avance sur une question précise et les évalue à l’aide de méthodes explicites choisies pour réduire au minimum les biais.

Ses méthodes se veulent structurées, transparentes et reproductibles, ce qui vise à fournir des résultats plus fiables. Une revue systématique de 2025 sur le BPC-157 en médecine du sport a recensé 544 articles mais a inclus 36 études, dont 35 précliniques et une étude clinique. Les auteurs n’ont trouvé aucune donnée clinique de sécurité chez l’humain.

Usage hors indication

L’usage hors indication consiste à prescrire ou à utiliser un médicament autorisé en dehors du cadre de sa notice officielle, par exemple pour une autre maladie, sous une autre forme ou à une autre dose.

Aux États-Unis, une fois qu’un médicament est autorisé par la FDA, les professionnels de santé peuvent généralement le prescrire pour un usage non autorisé lorsqu’ils jugent que c’est médicalement approprié pour leur patient. Cela peut arriver lorsqu’il n’existe aucun traitement autorisé pour une maladie, ou lorsque les traitements autorisés n’ont pas été efficaces. La FDA n’a pas établi qu’un médicament est sûr et efficace pour ses usages non autorisés.